Y'a le monsieur avec le cuir qui m'a fait de la peine, il m'a fait mal. Aïe. Oignon. Les Oignons ça piquent les yeux. C'est pour ça que je pleure, tu crois ?
C'est l'histoire d'un chat sur un mur...
Il picorait du pain dur ?
Non, par contre il a levé la queue et s'en est allé. Doucement. Presque tendrement. Bah oui, c'est un chat, il se doit d'être sophistiqué, de maintenir sa réputation. Les 7 vies on les mérite pas comme ça.
Sept vies. Le karma, tout ça. Blabla.
Déjà qu'une c'est compliqué. Néanmoins j'aimerais bien rejouer celle-ci. Genre RELOAD. La recharger, et cette fois ne plus commettre les mêmes erreurs. (même joueur, essaie encore)
Je dis ça mais c'est pas vraiment vrai, celle-ci je la trouve pas vraiment drôle. Le personnage n'a pas d'attaque spéciale, il n'est pas très évolué, en faite, ni en charisme, ni en force... ni en tout le reste. Mais il sait dire « fuck » comme un enfant de 10 ans et grignoter des carambars du bout des dents. Ca peut servir ?
Aucunement. Tout comme ce que je raconte, je pourrais citer la recette du ragoût de langue de b½uf que ce serait la même chose... car qui a envie de ragoût de langue de b½uf ?
Pas moi.
Pas Toi.
C'est... dégoûtant.
Y'a le garçon qui a mangé de la langue de b½uf, je lui ai parlé de moi il a rigolé, ça m'a fait comme un oignon dans les yeux, comme une fille devant Titanic (« Jaaaaack ! ! ! »), comme s'il n'y avait rien.
Plus rien. Juste un vide.
La dame toute sèche, toute droite a déposé la bouteille de vodka sur le tapis roulant (j'aurais préféré qu'il soit volant) et a fait un scandale parce qu'elle ne pouvait pas partir du magazin et aller déguster le liquide qui vous brûle la gorge et vous retourne l'estomac. Vous retourne l'esprit.
Celui qui vous fait oublier.
C'est le Léthé moderne en quelque sorte. Sauf qu'il faut un peu plus d'une gorgée (enfin, ça dépend pour qui) – si on le veut vert on prend de l'absinthe mais je crois que c'est interdit en France... ça rend dingue. Je crois aussi qu'on l'est tous un peu.
Moi en tout cas je ne me sens pas normale, je me sens multiple. Et très seule, c'est étrange comme situation. Il parait que tout le monde ressent cela, au fond. Au fond de quoi ? Du verre d'absinthe ? Ou de vodka ?
Se souvenirs de choses qui n'existe pas et oublier les choses qui ont été. Quel étrange paradoxe !
Se souvenir du Monsieur que l'on pleure.
Et oublier la dame que l'on a fait pleurer.
Se souvenir de nos cris.
Oublier les siens.
Sourire d'un souvenir, un jour, que l'on jugera beau. Grand. Alors qu'il n'avait pas été tel, qu'on avait beaucoup pleuré ce jour là. Mais le temps efface ce qui lasse.
Lacer ses chaussures aussi. Faire deux boucles et les croiser – pour apprendre. Puis une boucle.
Et la boucler.
Se taire.
Et.
Oublier.
Reprend un verre, et regarde la fille hurler. Sortir ce qu'elle a en elle. Toi. Tu le gardes. Ca te ronges. Tu ne le laisses pas sortir. Et tu sais pourquoi ? Tu sais pourquoi tu ne laisses pas sortir ce qu'il y a en toi ?
Parce que ce qu'il y a en toi, c'est juste le...
Vide




